JOURNEES EUROPÉENNES DU PATRIMOINE à l’ile d’Yeu : Balade entre mares et vignes les 17 et 18 septembre

Balade entre mares et vignes :
Depuis le Grand Phare, cette balade vous mènera par les vignes à la découverte de la mare de Ker Chauvet, de la fosse aux Moines et du réseau hydrographique traditionnel de cette zone. Le projet « Au F’île de l’eau », porté par le Comité de Développement de l’Agriculture (CDA) de l’Ile d’Yeu a pour objectif de restaurer ces réseaux à partir du mois d’octobre. Cela afin de leur redonner cohérence et efficacité, tout en contribuant à la mise en place de meilleures conditions d’exploitation pour les agriculteurs. Venez découvrir ce patrimoine méconnu, héritage des anciennes pratiques agricoles insulaires.
Samedi et dimanche à 15h.
Durée : 1h30. Rendez-vous : derrière le Grand Phare, sur la route de l’aérodrome.

Pour en savoir plus : https://www.cda-yeu.com/post/_test

Naissance de la safranière du Jardins des Perdrettes

Afin de transférer la production de safran de la parcelle du « Safran de l’île d’Yeu » de Gilles Le Puil au « Jardins des Perdrettes » il faut commencer par déterrer les bulbes, puis les replanter dans leur nouveau lieu d’accueil…

Vous voulez participer?

Inscrivez-vous auprès d’Isabelle : 06 11 55 55 50

Un nouveau projet voit le jour : Les Jardins des Perdrettes

Isabelle Chailan a décidé de se lancer dans la culture de plantes aromatiques et médicinales. Elle y ajoute une safranière, prenant ainsi la suite de Gilles Lepuil (Le safran de l’île d’Yeu), producteur de Safran, qui prend sa retraite. 

Il a d’abord fallu trouver de la terre. Le Comité de développement de l’île d’Yeu – CDA – a procédé à la mobilisation foncière, puis au défrichage (2ème semestre 2020). Pendant ce temps, Isabelle a fait une formation agricole – BPREA, Brevet Professionnel Responsable Entreprise Agricole – en 2020-2021. Elle est aujourd’hui en stage Paysan créatif avec la CIAP 85
(Coopérative d’Installation en Agriculture Paysanne) ). Enfin, la Société Coopérative Civile Immobilière (SCCI) Terres islaises, a mis à sa disposition les parcelles défrichées afin qu’elle commence ses plantations. 

Pour en savoir plus sur la SCCI Terres islaises , émission neptune fm du 27 Juillet https://www.neptunefm.com/podcasts/j-vous-dis-pas-160/ile-d-yeu-avec-terres-islaises-participez-a-la-sauvegarde-des-terres-agricoles-5201

Cette vidéo pour découvrir le projet et le travail d’Isabelle Chailan…

La Forêt-Jardin : un projet ambitieux pour plus d’autonomie et de résilience

Vous trouverez ci-dessous un retour sur la visite de la Forêt-Jardin (à ses débuts ) de Corinne Thérézien- Racamier sur l’île d’Yeu.

Vous pouvez aussi écouter son intervention sur Neptune fm : https://podcasts.neptunefm.com/jvdp/jvdp-15072022.mp3
Informations sur les stages animés par Corinne Thérézien-Racamier en fin d’article.

Pour en savoir plus sur la Forêt-Jardin en zone tempérée :
Robert Hart, Anglais pionnier et créateur d’une Forêt-Jardin
Martin Crawford (La forêt jardin Editions ULMER).

Notes sur la visite du 21 Juillet 2022
Motivations et questions des visiteurs (mots clés) : autonomie, observation, relation et reconnexion à la nature, nourritures, coopération entre les espèces, complémentarité, changement climatique, esthétique, paysages, refuge, avenir…
Après ce « tour des visiteurs », Corinne Thérézien-Racamier présente sa formation, son expérience et son projet de Jardin-Forêt à l’île d’Yeu. « Il y a quelques années j’ai pris conscience des problèmes écologiques et environnementaux. Je veux faire ma part », dit Corinne Thérézien-Racamier. Formation BPRE en agroécologie (en Bio), puis spécialisation en Forêt-Jardin.

L’agriculture traditionnelle à Sumatra en Indonésie : un exemple, mais pas un modèle
Il est difficile d’apprendre concrètement et de suivre leur exemple. Il s’agit en effet de pratiques issues d’une transmission de génération en génération née de leur expérience de leur histoire et de leur culture. Par ailleurs nous ne (re)connaissons pas leurs plantes et le climat y est différent du nôtre (zone tropicale). Nous pouvons cependant nous en inspirer. Leurs pratiques sont inscrites dans le temps : sur une parcelle on va faire un brûlis, puis on cultive le riz pendant trois ans, puis on plante des poivriers et des caféiers dans la rizière, puis des Damans (arbres qui fournissent de la sève pour la peinture et du bois d’oeuvre). Ces arbres poussent en 30 ans Ce cycle nous montre la préoccupation de ces cultivateurs pour les générations futures.

La forêt jardin est un écosystème productif qui permet de s’alimenter, du moins en partie. Elle reproduit le « système » de la forêt. L’écosystème vit en autonomie une fois démarré, sans arrosage (sinon au début des plantations), sans apport d’engrais…
« J’ai une Forêt-jardin aboutie dans le Sud de la France dans la région aixoise où j’habite. Ici sur Yeu après discussion avec ma famille nous avons décidé de créer un Forêt-jardin. Les premières plantations de fruitiers et petits arbustes ont été réalisés cet hiver. On a choisi les espèces et les variétés ensemble, en tenant compte des goûts et des envies, mais aussi de la cohérence du projet. Ici, il y a déjà des arbres à maturité, j’en tiens compte pour dessiner, prévoir les emplacements et l’espace à respecter entre les plantations. Cette Forêt-Jardin s’étend sur environ 600 m2 ».

La Forêt-Jardin fournit de la nourriture : des fruits, des fruits à coque, des baies, des plantes aromatiques et médicinales, des légumes verts, des champignons, un refuge/habitat pour de nombreux animaux, du bois, des matériaux pour l’artisanat et la vannerie, des fleurs, des odeurs, de l’ombre, de la beauté…
L’objectif lors des choix de plantation est de recréer 7 Strates (ou 11 si on veut aller plus loin)
– Grands arbres qui constitueront la canopée, châtaigniers par exemple
– Fruitiers : pommes, poires, mirabelles, prunes, figues 
– Arbustes : groseilliers framboisiers, noisetier, argousier, éléagnus (baies)
– Herbacés : rhubarbe, consoude (mellifère, sert aussi pour paillage et infusion pour soigner les plantes, elle aussi fournit potassium et phosphates aux autres plantes…)
– Couvre sol : fraises, légumes feuilles, blettes , ail des ours, salades, herbes sauvages comestibles 
– Plantes grimpante s : vigne, lierre… amélanchier (baies), chayottes (fruits) 
– Légumes racines : betterave, carotte, navet, panais ou encore des légumes ancien
– On peut ajouter des plantes aquatiques…
En revanche pour les tomates, etc. de nos potagers ayant besoin de beaucoup de soleil, il faudra s‘éloigner de l’ombre et s’installer dans une clairière ou à la lisière sud de la Forêt-Jardin.

Les espèces présentes dans l’écosystème coopèrent en « bonne intelligence » :
⇒ Les différentes strates (les plantes ont différentes tailles et s’échelonnent) optimisent la captation du soleil et de la lumière favorisant ainsi la photosynthèse, tout en donnant de l’ombre et en fournissant des feuilles, des abris…et de la beauté. L’ombre permet de garder fraîcheur et humidité. Au cours de l’année l’ombre se déplace (avec le soleil) et il convient d’en tenir compte pour favoriser l’ensoleillement au bon moment de l’année ( ex les herbacés bénéficieront du soleil au printemps avant la formation des feuilles sur les arbres à feuilles caducs…).
⇒ Le système racinaire des arbres permet de capter en profondeur l’eau et les nutriments qui profiteront aux autres plantes
⇒ Les plantes captatrices d’azote, telles que les genets à balais (très adaptés à l’ile d’Yeu), les fèves et féveroles et les pois en général, fourniront l’engrais naturel aux autres plantes (elles captent l’azote de l’air et les stockent dans les petites boules blanches attachées aux racines). L’Argousier et le Baguenaudier (plante à petits ballons qui éclatent en faisant un bruit qui amusait les enfants qui « baguenaudaient » en sortant de l’école), captent également l’azote.
⇒ La richesse de la biodiversité que la forêt-jardin abrite permet un équilibre entre prédateurs et auxiliaires utiles. Les plantes répulsives (odeurs, couleurs…) coopèrent également à l’équilibre du système 
⇒ L ‘écosystème est en bonne « santé globale » et est de ce fait plus résilient

L’observation et le partage d’expérience sont essentiels pour créer une Forêt-Jardin. On n’a pas encore d’études scientifiques exhaustives donnant de « formule magique gagnante » concernant le choix des espèces complémentaires, contrairement à ce que l’on a étudié et que l’on connaît dans les potagers. La Forêt-Jardin en zone tempérée, c’est nouveau et tout dépend du lieu, de la température, de la terre, etc. Il n’y a probablement pas de modèle uniforme standard applicable partout.

L’approche de la Forêt-Jardin est proche de celle de l’agro-foresterie (arbres + une ou plusieurs activités agricoles – culture et/ou élevage), même si cela s’en différencie.
C’est également proche de la permaculture (paillage/ association/ complémentarité, recyclage des ressources locales/rendre à la terre ce qu’elle donne pour améliore et préserver sa fertilité…). On favorise la biodiversité, on s’approche du « naturel » en l’optimisant, mais pas forcément dans un objectif de productivité, mais plutôt d’autonomie et de résilience.

Méthodes et travaux pour faire une Forêt-Jardin.
On commence par l’inventaire de la terre (profondeur, analyse, nature, besoins pour rééquilibrer le PH…), des arbres déjà existant, de l’eau existante (fossés, marais et mares) des ressources autour du lieu (autres plantations, disponibilité en paille, feuilles…), de l’emplacement de la roche, etc.
On peut partir d’une prairie, d’un gazon ou d’une plantation d’arbres existante. Il faut alors parfois élaguer, parfois abattre. Par ex. s’il y a trop de pins, de chênes verts qui font trop d’ombre et donnent de l’acidité et que rien ne pousse…
Lors des plantations, les jeunes arbres et arbustes auront besoin d’eau et de paillage (herbe et tontes séchée, BRF – bois raméal fragmenté -, etc) mais attention à l’excès d’azote ou à la faim d’azote, ou encore à ne pas avoir trop de carbone. Pour le paillage, soit on a de grands prés à faucher, soit on récupère auprès des voisins, des Services Espaces verts… Comme dans toute pratique de permaculture on favorise les ressources locales, la complémentarité, la diversité, le recyclage des matières organiques…
Il convient d’être très attentif au choix des variétés et des espèces. Pour cela avoir un bon conseil de pépiniéristes. Ne pas hésiter à planter de scions jeunes. Pailler, arroser. Choisir des espèces anciennes souvent plus nutritives, qui sont adaptées localement et prévoir le changement climatique…

Dessiner la Forêt-Jardin
On calcule le diamètre de la canopée. Pour chaque arbre, on laisse 1/4 de diamètre de plus pour que la lumière « rentre » dans les strates inférieures.

Il faut prévoir des emplacements : promenade, lieu de repos, stockage du compost et des débris végétaux pour le paillage…

Conclusion

On peut se poser des questions : Peut-on se nourrir uniquement de Forêt-Jardin ? Comment faire face à la surpopulation de la Planète? Comment résoudre le problème de sécheresses ? Comment adapter les variétés ? Comment faire évoluer les mentalités et les « cultures » ?
Il faut de la patience. Mais c’est une riche expérience.

Vous pouvez vous inscrire à une formation faite par Corinne Thérézien-Racamier qui aura lieu les 30 Juillet et 20 Août, à La ferme d’Emilie

L’eau d’hier à aujourd’hui à Yeu : actualités du projet au F’île de l’eau.

Rencontre au F’Île de l’eau du 20 juillet 2022

Le 20 Juillet 2022, le Comité de développement de l’agriculture (CDA) invitait les visiteurs à une réflexion sur l’eau dans le cadre du projet au F’Île de l’eau.
Vous trouverez ci-dessous les notes prises lors de l’intervention du Jean François Henry historien, spécialiste de l’histoire de l’île d’Yeu, ainsi que l’actualité du Projet au F’île de l’eau à télécharger.

L’agriculture et l’eau à l’Île d’Yeu autrefois, intervention de JF Henry
Au 17ème et 18éme siècles, il n’y a pas de grosses fermes ou de métairies. Les terres sont petites, l’agriculture d’autosubsistance est familiale. Les murs en pierres sèches et les murets font « serre » et abritent les cultures du potager familial du froid et du vent salé.
Quelques laboureurs possèdent un train de labour (2 bœufs et un araire), et le loue au moment des semis. On cultive les céréales (seigle, avoine, froment) que l’on désigne comme « blé ». Il est arrivé qu’on en exporte. Mais l’île n’a jamais été autio-suffisante pour son alimentation. Il n’y a pas d’arbres. Aussi de Saint Sauveur on peut voir jusqu’à La Croix lorsque les fidèles se mettent en marche pour venir à la messe.

L’alimentation se compose essentiellement de choux, de diverses variétés de pois, de pommes de terre, de légumes d’hiver, de céréales, et de fruits de mer (pêche à pied). Les vaches fournissent le lait et les animaux de la basse cour complètent. La pêche est uniquement de subsistance. Il n’y a pas de traces d’années de sècheresse ou de famine. Les fruits de mer, les berniques (« les jambes » en particuliers, apportent une alimentation riche en protéines. Les ratas de « jambes » sont alors importants dans la nourriture familiale.

L’Île d’Yeu vient en deuxième place des ports de cabotage au 17ème s. après Amsterdam et avant Rotterdam! On compte 180 barques destinées au cabotage au Port Breton qui deviendra Port Joinville. Le cabotage permet de fournir les habitants en vin de Bordeaux et en fruits secs. C’est ainsi que naît la tradition de la « tarte des Noces » qui prendra le nom de tarte aux pruneaux – cultivés autour de Bordeaux – pour les noces et les kermesses. On « importe » aussi, entre autres marchandises des fruits tapés et séchés (pommes et poires).

Il y a peu de pêche pour l’alimentation. Ce n’est que lorsque le train vient concurrencer le cabotage que les marins se mettent à la pêche. En 1880 on passe à la pêche et à la conserverie, puis les conserveries migrent sur le continent lorsqu’on découvre les frigos…

L’eau est précieuse !
Tout dépend de la pluie pour la culture des céréales. 
Pour les troupeaux de moutons et les vaches, il y a des mares sur les parcours allant aux pâturages. Dans les bourgs on trouve, par ex. la mare de la Fosse de la Borgne, rue de la Borgne nommée aujourd’hui Général de Gaulle à Port Joinville. Les enfants y « glissaient » en hiver lors des gels ! Il y a avait aussi une marre au Ker Châlon. Il y a des puits communaux. Le plus fourni semble être celui de la Citadelle.

Dans les maisons on utilise des cruches rapportées des puits par les femmes qui mettent un joug en bois sur leurs épaules pour les porter. Pour éviter le clapotis et que de l’eau se perde, certaines mettent des fanes de carottes sur la surface de l’eau. Jusqu’en 1961 (année du raccordement au réseau du continent), le puits de la citadelle fournit l’eau potable. Il y avait par conséquent une importante corvée d’eau, des porteurs et porteuses d’eau, ainsi que des marchands d’eau.
Pour les besoins domestiques et les potagers familiaux, on utilise l’eau des puits privés (quand on en a un) et l’eau de pluie récoltée grâce à des tuiles en bois (c’est une hypothèse) qui faisaient office de gouttières dans les citernes appelées « timbres ». Les sceaux en zinc venaient compléter l’équipement en jarres en terre cuite, parfois haute d’un mètre cinquante. Les jarres étaient stockée dans le « magasin » (la réserve familiale). 
La lessive obéit à des règles strictes : on lave avec l’eau du puits dans de grandes bassines en zinc et on rince avec l’eau du timbre (eau de pluie plus pure et plus douce).
Pour les poules et les animaux de la basse cour il y a une auge en granit.
L’évier familial est également en granit.
Les hommes en mer emportaient l’eau et le vin dans des « touques », bouteilles enveloppées de cordage épais. On boit de l’eau, mais aussi beaucoup de vin produit par la vigne de l’île, ou « importé » de Bordeaux..

Les puits sont nombreux (plusieurs centaines). Le puits des Anglais à côté du moulin du Camps (chemin du meunier) est convoité par les anglais ! Beaucoup sont aujourd’hui enfouis sous la friche. Malheureusement dans les années 1960-70 une grande partie de ce patrimoine a été détruit.

Actualités du Projet au F’île de l’eau

Où en est-on des projets de la SCCI terres islaises?

L’assemblée générale de la SCCI Terres islaises a eu lieu de 8 Juillet dernier (un communiqué de presse figure en fin d’article).
Les projets se concrétisent, et si vous souhaitez participer à leur suivi et leur succès devenez coopérateur en souscrivant des parts sociales, ou si vous êtes déjà coopérateur en prenant quelques parts sociales de plus!
Le flyer mis à jour à l’occasion de la fête de la BIO à la Ferme d’Emilie, le 22 Juillet 2022.

Ben et Eliot racontent leur projet et leurs premiers pas de maraîchers

Propos recueillis par le Collectif agricole le 7 Juillet 2022

(Re)trouver la terre 
Cette terre ne nous appartient pas, c’est à la SCCI Terres Islaises, dont on est membre coopérateur, qui nous la loue pour une somme modique. Une fois les procédures terminées nous devrions avoir un bail emphytéotique de 99 ans ce qui nous assure une sécurité pour la pérennité de notre exploitation. 

Il y a eu un long travail de recherche puis d ‘acquisition par la mairie de ces parcelles qui étaient jusqu’à lors des « bien sans maitres ». Elles sont en train d’être cédées contre des parts sociales à la SCCI qui a pour objectif l’installation et la pérennisation d’activités agricoles sur le territoire insulaire. La coopération, et la concordance de volonté dans le cadre du Comité de Développement de l’agriculture (CDA) – Producteurs, Collectif agricole, SCCI, Yeu demain, Mairie – ont permis notre installation. Sans eux, il aurait été impossible pour nous de mobiliser le foncier nécessaire pour cultiver. 

Aujourd’hui, nous (Ben et Eliot) cultivons en maraichage sur une surface d’environ un hectare depuis Mars 2022. Le défrichage a débuté en 2017, plusieurs étapes sont nécessaires pour arriver à une terre cultivable. Il faut tout d’abord broyer la friche moyenne qui existe ici, puis dessoucher les racines profondes à l’aide de pelleteuses, puis le rotovateur termine le travail en affinant la terre sur environ 50 cm de profondeur pour la rendre cultivable. Suite à tous ces processus, il faut que la vie reprenne… Il a fallu amender (apport de compost, BRF, matière organique etc.), semer des engrais verts pour restructurer le sol et l’aérer. Nous avons ainsi pu commencer à cultiver en 2021 (pomme de terre, oignon échalote et ail) tout en continuant nos activités professionnelles en parallèle. 
A terme nous devrions avoir 3 hectares cultivés mais deux sont encore en friche ! On y trouve essentiellement des petites aubépines et prunelier ainsi que beaucoup de fougères. 

Cultiver naturellement 
Notre choix est de cultiver le plus naturellement possible. 
Nous nous orientons le plus possible vers le maraichage dit sur sol vivant. L’objectif est 
de concentrer notre attention sur le sol et la vie qui s’y trouve à tous les niveaux pour en faire une terre riche qui possédera tous les éléments nécessaires pour produire idéalement des légumes riches en nutriments et avec du goût ! La démarche inverse étant de chercher à nourrir directement les plantes avec des apport permanent ; le sol n’est donc plus alors qu’un substrat plus ou moins inerte. 
Nous n’arrivons pas encore a appliquer cet idéal sur toutes les cultures pour le moment, les pomme de terre et les oignons par exemple sont cultivé plus classiquement mais pour les autres légumes cela fonctionne bien. Nous sommes en contact avec d’autres maraichers et associations afin de nous perfectionner au fil de l’apprentissage et de transmettre nos expériences. 
Nous achetons une partie de nos plants au GAEC -Clair de lune- et faisons aussi quelque semis. Nous aimerions à terme pouvoir produire nos propres semis et plants. 
Notre sol est acide, nous avons identifié une plante bio-indicatrice, la Renouée scorooine qui pousse en abondance. En ce sens le sol est globalement sableux, mais certain endroit dispose d’argile ce qui est une bonne nouvelle. Nous récupérons la cendre de la boulangerie -Au feu de d’Yeu- ce qui nous permet de rééquilibrer le pH du sol. 
On expérimente, on observe et on apprend. C’est difficile de trouver la bonne méthode, le bon équilibre entre notre éthique (le plus naturel possible, bon pour la terre et les humains…), la contrainte économique et le temps de travail. En bio on a le droit de mettre un paillage noir (biodégradable en principe) pour éviter les herbes indésirables. Cela simplifie le travail de désherbage manuel. Mais on préfère s’en passer. 
Autre exemple, une fois les haricots verts récoltés on laisse les tiges et les racines se décomposer sur place, car cela nourrit la terre en apportant de l’azote. On ne ressème pas tout de suite derrière. Ensuite on aère la terre avec la grelinette ou une machine à griffes, le cultivateur. 
On aère en perturbant le moins possible la vie du sol. Cela prend plus de temps que de passer un coup de machine qui laboure, mais cela nous semble mieux. On pratique la rotation des cultures et la complémentarité entre les plantes. Nous allons planter des haies nourricières autour des planches de cuture pour augmenter l’habitat des auxiliaires et autres amis du jardin, l’objectif étant de créer un biotope équilibré. 

A deux, notre objectif est d’avoir un SMIC chacun. 
Nous n’avons pas de formation reconnue, donc pas l’aide sous forme de « Dotation aux jeunes agriculteurs ». A vrai dire on préfère. Cette aide substantielle doit être remboursée si l’agriculteur fait faillite avant les 5 ans suivant son installation. Avoir cette épée de Damoclès au-dessus de notre tête ne nous disait rien.
Mais on a eu l’aide de la SCCI pour avoir de la terre, du CDA qui prend en charge la moitié du défrichage (ce que nous ne pouvons pas faire nous-même et nécessite de grosses machines, par exemple), de la Mairie pour amener l’eau du réseau qui passe par le chemin et de la Cigale de l’île d’Yeu, pour l’achat de petit matériel. 
On a un tracteur (d’occasion), un girobroyeur, une remorque, un rotovator (pour remuer et aérer au moment des création de nouvelles planches) et quelques outils.
Nous sommes en attente d’un hangar, notamment pour conserver les plants et les graines, et pour vendre notre production l’hiver… Le dossier d’autorisation de construire est en cours. Mais c’est compliqué avec les réglementations (Zones agricoles et Loi littoral). 
Il a aussi le problème du logement… C’est une autre histoire, mais c’est tendu sur l’île d’Yeu, comme sur les autres îles, du fait de la spéculation foncière et immobilière. 
Pour l’instant on fait l’équivalent de 30 à 40 paniers par semaine. Pour avoir un smic chacun, il faudrait une production équivalente à 80 paniers.
Nous ne vendons pas sur le marché car nos collègues y sont déjà et que nous avons fait le choix d’ouvrir un nouveau créneau de vente afin de permettre à la population d’acheter des produits locaux en fin de journée et en début de semaine. On vend sur nos terrains le lundi (Chemin Chiron Chat Moreau), le mercredi aux Fous de Brassant, le vendredi au Marché paysan qui se situe à la Ferme d’Emilie. En cas de surproduction momentanée, on peut aussi écouler la production auprès des restaurants. L’an prochain on fera peut-être des paniers à prendre sur place, nous sommes encore en réflexion sur nos différentes manières d’écouler nos produits. 

On aimerait aussi faire des visites pédagogiques pour les enfants des écoles 

et développer des actions solidaires qui sont l’occasion d’échanges et de sensibilisation avec les consommateurs. Nous aimons les temps de partage au jardin, mais il faut expliquer et accompagner et cela nous demande de la présence et du temps. 

La question de l’eau 

Evidemment on voudrait être autonome en eau. Pour l’instant on utilise de l’eau du réseau, mais on voudrait doubler la petite marre (c’est un réservoir de biodiversité), planter des fruits rouges autour, et faire une grande réserve d’eau de pluie et des eaux de ruissellements (fond en bâche plastique). Mais ça coûte environ 30 000 euros ! C’est pour plus tard. On devra aussi drainer et mettre une noue (fossé végétalité peu profond) pour éviter le tassement là où il y a de l’humidité lors des grosses pluies. 

A terme il y aura bien d’autres questions, difficultés et solutions à trouver face au changement climatique !
Mais ce sont tous ces défis qui nous motivent au quotidien pour aller aux champs afin permettre à notre entourage insulaire de manger local et de transmettre des terres riches et autonomes à nos futures générations. 

Conférence sur la gestion de l’eau à l’Île d’Yeu avant le raccordement au réseau du continent

Dans le cadre du projet « Au f’île de l’eau », le Comité de développement de l’agriculture (CDA) s’associe avec la Fondation du Patrimoine. En effet, la Fondation accompagne depuis deux ans les initiatives de restauration du patrimoine naturel, et prend en compte de manière croissante l’enjeu de la préservation de la biodiversité. 

Le projet « Au f’île de l’eau » s’inscrit pleinement dans cette logique, et c’est pourquoi nous lançons avec la Fondation du patrimoine un appel aux dons pour la restauration des réseaux hydrographiques de l’Ile d’Yeu. 

Cette initiative fait suite aux démarches entreprises depuis 2020, parmi lesquelles :
– mobilisation citoyenne avec l’organisation d’ateliers participatifs,
– études (école Unilasalle, Chambre d’agriculture des Pays-de-la-Loire)
– puis inventaire participatif des mares en partenariat avec la LPO de Vendée. 

Pour communiquer sur cet événement, un temps d’information est organisé le :
mercredi 20 juillet, de 10h à 12h, à la salle municipale de St-Sauveur (proche de l’ancien presbytère).

Jean-François Henry, historien local, sera présent pour l’occasion. Son témoignage porte sur la gestion de l’eau sur l’île avant le raccordement au continent. 

Vous êtes conviés à participer, en tant qu’adhérents et/ou bénévoles de l’association, pour présenter les champs d’action de l’association aux visiteurs, ou simplement à venir en tant que curieux pour découvrir les projets que nous menons et vous informer par rapport à cette souscription. 

Vous trouverez ci-joint le dépliant pour la souscription, et vous trouverez sur place les autres informations relatives aux projets de l’association.
En espérant vous voir le 20 juillet, 
Le CDA, Arthur Bouyer

« Jardins du jeudi », le Jeudi 21 Juillet : introduction à la création d’un Jardin-Forêt

Découvrir, échanger et pour certains faire un projet avec Corinne Thérézien-Racamier, titulaire d’un BPREA (Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole) et d’un CCP (Cours Certifié de Permaculture). Corinne s’est spécialisée en forêts-jardins. Elle est engagée pour développer le potentiel des forêts-jardins en faveur d’une alimentation de qualité et d’une planète préservée.

N’oubliez pas de vous inscrire :

  • en téléphonant au 06 64 65 88 91
  • ou en envoyant un mail à l’adresse du Collectif agricole : collectif.agricole.yeu@hotmail.fr

Fête de la Bio 2022

Le collectif agricole Organise le vendredi 22 juillet la fête de la bio.

L’événement est accueilli par la ferme d’Émilie, chemin de la messe à partir de 17H00.

Vous pourrez discuter avec les différents acteurs de l’agriculture insulaire : Le Collectif Agricole, le Comité de Développement de l’Agriculture, la SCCI Terres Islaises, la Ligue de Protection des Oiseaux, Yeu Demain, Les Croqueurs de Pommes.

Vous pourrez aussi passer un moment festif , musicale et dégustatif.